Présentation des nouveautés
Le Caveau de famille - Mazetti, Katarina
Gaïa
Après l’immense succès du Mec de la tombe d’à côté, nous sommes des centaines de milliers de lecteurs à nous demander ce qu’il advient de Désirée, la bibliothécaire, et de Benny, le paysan. Elle dévore avec autant d’ardeur les livres et les produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Pourtant, ils se sont promis trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pour toujours. Et si ça marche… Comme le disait un critique littéraire suédois : « Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre. » C’est gai. Bienvenue dans le caveau de famille ! Pétillant et jubilatoire.
Les enfants d'Alexandrie - Chandernagor, Françoise
Albin Michel
"""En ce temps-là, le monde était jeune, et Alexandrie, la plus belle ville du monde. Au ras des flots, la ""Très-Brillante"" éblouissait par sa blancheur. Blanches, les terrasses de pierre tendre, les colonnes d'albâtre, les avenues pavées de marbre, et blanc, le grand Phare..."" Alexandrie : joyau d'un empire qu'Antoine et Cléopâtre vont entraîner dans leur chute. Des amours de l'Imperator et de la reine d'Égypte étaient nés trois enfants : des jumeaux magnifiques, fille et garçon, brune et blond, puis un bébé fragile. Princes éphémères, qui grandissaient dans l'or et la pourpre du Quartier-Royal auprès de leur demi-frère aîné, l'enfant-pharaon né de César et de Cléopâtre. Tous si jeunes encore, si protégés, si confiants, quand la tourmente s'abattit sur eux. Quatre enfants au destin tragique. Agée de dix ans lors de la prise de la ville et du suicide de ses parents, la petite Séléné, unique rescapée de cette illustre famille, n'oubliera jamais l'anéantissement de son royaume, de sa dynastie, de ses dieux. Prisonnière en terre étrangère, elle va vivre désormais pour venger ses frères et faire survivre dans le monde des vainqueurs la lignée des vaincus. Avec la sensibilité d'écriture et la force romanesque qui ont fait de L'Allée du Roi un classique, Françoise Chandernagor s'empare de la vie méconnue de la dernière des Ptolémées, la Reine oubliée. Explorant vérités et silences de l'Histoire, elle questionne un passé deux fois millénaire. Un récit singulier, haletant. Une fresque grandiose."
L'homme qui s'est perdu - Trabal, Francesc
Autrement
Lluis Frederic Picabia, jeune bourgeois barcelonais, voit sa vie basculer le jour où sa fiancée le quitte. Il décide alors de faire de la perte un mode de vie qui le mène de New York à Paris en passant par la Chine et le Caucase. Une véritable entreprise voit le jour. des associés sont recrutés... Au milieu de cent autres aventures ahurissantes et absurdes, disparaissent la Couronne de Suède, des tableaux de Mirô et une jolie secrétaire... qu'on retrouve. Au fil des années à orchestrer des disparitions, c'est bientôt Picabia lui-même qui signera sa propre perte.
Le dîner - Koch, Herman
Belfond
Succès phénoménal aux Pays-Bas, alliance détonante d'une comédie de moeurs à l'humour ravageur et d'un roman noir à la tension implacable, Le Dîner dresse le portrait de notre société en pleine crise morale. Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam. Hors-d'oeuvre : le maître d'hôtel s'affaire. Plat principal : on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne. Dessert : on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants. Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe. Un café, un digestif, l'addition. Reste la question : jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants ?
Le diable dans la ville blanche - Larson, Erik
Cherche midi
Un homme construit le paradis sur Terre, l'autre y fait régner l'enfer. 1893: l'Exposition universelle de Chicago est l'occasion pour les Etats-Unis de montrer leur puissance au reste du monde. Au coeur de cet événement sans précédent, le célèbre architecte Daniel H Burnham, créateur du premier gratte-ciel, à qui revient la tâche de créer une cité de rêve, la Ville blanche. On attend près de 30 millions de visiteurs, de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Houdini, Frank Lloyd Wright ou Thomas Edison. Mais, dans l'ombre de l'Exposition, une autre figure accomplit de bien plus noirs desseins : H H Holmes, un jeune médecin apparemment bien sous tous rapports, en réalité l'un des tueurs en série les plus terrifiants de l'histoire du crime, sur la piste duquel se pressent un inspecteur d'une incroyable ténacité et une étrange association, le Whitechapel Club. Vendu à plus d'un million d'exemplaires outre-Atlantique, bientôt porté à l'écran avec Leonardo DiCaprio, ce document exceptionnel bénéficie d'une construction et d'un sens de l'intrigue dignes des plus grands auteurs de thrillers. Une formidable histoire où l'on constatera, une fois de plus, que la réalité dépasse toujours la fiction.
Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison - Paasilinna, Arto
Denoël
L'inspecteur principal Jalmari Jyllanketo, la quarantaine sportive, est envoyé par la Sécurité nationale finlandaise dans l'ouest de la Laponie pour y enquêter sur un ancien kolkhoze reconverti en une florissante exploitation agricole spécialisée dans la culture biologique d'herbes aromatiques, de sapins de Noël et de champignons, et objet des plus folles rumeurs. L'inspecteur, promu contrôleur du ministère de l'Agriculture pour l'occasion, découvre peu à peu que les immenses champignonnières installées au fond d'une ancienne mine de fer sont en réalité un camp de travail forcé où la patronne de l'exploitation, une veuve au caractère bien trempé, séquestre de petits et gros malfrats ayant échappé aux griffes de la justice. Séduit par la philosophie de l'entreprise - et par la fille de la patronne, Sanna -, l'enquêteur s'embarque corps et âme dans cet étrange projet. Un roman drôle et haletant en forme de réflexion sur l'équité et sur les débordements de la volonté de justice.
La séquence exacte des gestes - Geda, Fabio
Gaïa
Marta a douze ans et une vie qui n’est pas tout à fait celle d’une petite fille. Sa mère est alcoolique, et le père s’évade dans une relation adultère avec la voisine. Marta s’occupe de ses petits frères et soeur, c’est elle qui tient l’équilibre familial à bout de bras. Jusqu’au drame. Sa petite soeur se noie accidentellement, le père les quitte, et la mère perd la garde de ses enfants. Corrado a seize ans et une obsession : trouver de l’argent pour organiser une grande fête à la sortie de prison de sa mère. Jeune rebelle, il flirte avec la délinquance. Corrado vit dans le foyer de Turin où Marta est envoyée. Un foyer dirigé par quatre éducateurs, tous dévoués, qui cherchent vainement à trouver et surtout à garder un cinquième : il y a du turn-over dans la profession… un vrai sacerdoce ! Ascanio fait partie des murs, s’occuper de ces jeunes et leur redonner espoir est toute sa vie. Même s’il doute parfois, et s’épanche sur son blog, provoquant des commentaires empathiques ou hilarants. Lui et ses collègues, dont la douce Elisa, s’efforcent de redonner un cadre, un rythme, un semblant de famille et d’affection à ces adolescents en rupture. Leur vocation laisse peu de temps à une vie vraiment privée. Pourtant, Ascanio sent qu’il lui faut déclarer sa flamme à Elisa. Mais comment ? Comme si les adultes eux-mêmes avaient « perdu le mode d’emploi, indécis sur la séquence exacte des gestes qui permet de réduire la distance entre les êtres ». Fabio Geda peint avec réalisme le quotidien des éducateurs, son propre quotidien, et laisse transparaître la passion qu’il éprouve pour son travail. Construit sur un récit à plusieurs voix, le roman laisse Marta, Corrado, Ascanio, Lea l’assistante sociale, raconter tour à tour cette histoire. Avec une tendresse qui les porte au-delà de leur condition, au-delà du marasme social, et qui recrée la possibilité d’un avenir, plein de promesses.
Un assassin blanc comme neige - Bobin, Christian
Gallimard
"""L'encre fraîche de Rimbaud tache mes doigts. Ses proses font trembler l'air au-dessus de la page comme sur une route fondue au soleil d'été. Je vais chercher mon pain, mes nuages et mes étoiles dans l'unique librairie du Creusot. L'acacia au bas de la rue du Guide surgit comme un donateur fou. Son haleine sent le miel et l'or. Toutes les fleurs se ruent vers nous en nous léguant de leur vivant leur couleur et leur innocence. Les contempler mène à la vie parfaite. Les anémones sont si crédules que même l'enfer leur donne raison. ""."
Plonger - Chambaz, Bernard
Gallimard
En France, le nom de Robert Enke n’est guère familier aux amateurs de football. Pourtant, ce joueur allemand conserve dans son pays une étonnante aura, et son suicide le 10 novembre 2009, vingt ans jour pour jour après la chute du Mur de Berlin, l’a propulsé au rang de mythe. Gardien de but d’anthologie, Robert Enke, né en 1977 à Iéna, en Allemagne de l’Est, débute véritablement sa carrière de footballeur professionnel en 1998/1999. Il triomphe entre 2004 et 2007 sous le maillot de l’équipe de Hanovre, mais connaît une saison 2008 décevante. Le 10 novembre 2009, alors que son nom revient au premier plan, il est pressenti pour intégrer l’équipe d’Allemagne lors du Mundial 2010, il se jette sous un train… Qui était vraiment Robert Enke ? Quelle mélancolie, quelle fêlure secrète cachait cet homme dont le rôle, sur le terrain, était au contraire et par définition de toujours garder la tête froide ? Plonger est une enquête sur l’énigme Enke, à la recherche de ses traces dans les villes où il a vécu, de Iéna où il a grandi à Hanovre où il a connu la gloire, puis la mort à 32 ans. Une reconstitution attentive et mélancolique, aussi, des dernières vingt-quatre heures de la vie de ce personnage fragile, dépressif depuis des années, hanté par la mort de sa petite fille de deux ans victime d’une malformation cardiaque
Voodoo land - Stone, Nick
Gallimard
Miami, 1981. Jadis havre de paix pour retraités en manque de soleil, la ville est devenue le terrain de jeux des apprentis sorciers de la coke. Sous une chape de poudre, la cité est le bac à sable des Pablo Escobar et autres Tony Montana qui, à défaut de pelles et de seaux, bâtissent leur empire à coups de fusils d'assaut et de narcodollars. Lorsque les inspecteurs Max Mingus et Joe Liston se retrouvent face à un macchabée dans un zoo, il s'attendent à une banale affaire d'homicide. Mais ce cadavre se révélera plus exotique : son estomac renferme une potion à la sauce magie noire. Naviguant dans des eaux où corruption et violence semblent sans limites, les deux flics partent alors en chasse contre un certain Salomon Boukman, véritable mythe au sein de la communauté haïtienne, mais dont tout le monde semble ignorer jusqu'à l'apparence physique. La traque de ce fantôme bien réel sera beaucoup plus périlleuse que prévue. Car dans l'ombre du vaudou, les zombis sont parfois très vivants.
Par le feu - Ben Jelloun, Tahar
Gallimard
"Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi s’immolait par le feu.
L'arbre à réglisse - Boeringer, Agnès
Il Piccolo
"Dans un pays tout près, vivait un arbre à réglisse. Je dis un pays tout près car les pays lointains sont toujours très beaux et très ceci et très cela, que tout le monde en rêve et croit que tout y est mieux et plus ci et plus ça. C’est à cause que souvent on pense que l’herbe est plus verte ailleurs. Mais, dans mon pays à moi, même si l’herbe c’est de la garrigue, du thym, du romarin, de la sauge, de la sarriette, de l’églantier, des ronces de mûres sauvages, des champs de lavande, d’oliviers, de figues sucrées et juteuses comme les femmes. Même si on dit que la terre est sèche et fripée comme une vieille fille, que les hommes ont les mains dures comme l’écorce des chênes et la face rougie des tomates sous le soleil, dans mon pays à moi, ça respire bon les odeurs, les saveurs, la sueur, le labeur et les rires des caganis, frais comme les sources, qu’on retrouve à l’ombre des platanes à l’heure de la sieste, dans les jupons des mémés toutes empéguées de sommeil. Dans un pays tout près, donc, était un arbre à réglisse. De mémoire d’homme on n’avait jamais vu un arbre comme ça. De petite taille, sa ramure s’étalait comme un linge au soleil et son ombre se projetait sur la rocaille qu’on aurait dit un grand tapis de mousse noire. C’est le petit de Toine qui l’avait découvert alors qu’il menait les chèvres sur le plateau."
Un vent de paradis - Peyramaure, Michel
Laffont
Peire Jouvenel n’a laissé aucune trace dans les livres d’histoire, et pour cause… Cet homme truculent, au verbe haut et à l’épée virevoltante, sort en effet tout droit de l’imagination fertile de Michel Peyramaure. A travers ce personnage, c’est à toute la confrérie des troubadours que l’auteur du Bal des célibataires rend un vibrant hommage. A ses côtés, de château en cour seigneuriale, nous caracolons sur les chemins des provinces méridionales de la France médiévale et assistons, en tant que témoins privilégiés, à l’invention de l’amour courtois. Homme complexe, à la fois instinctif et velléitaire, contemplatif et énergique, tiraillé entre son épouse la sage Hélène, et sa maîtresse, la fougueuse Jordane, Peire Jouvenel n’a de cesse de chanter ces deux sources d’inspiration que sont les femmes et la nature. Son talent de poète le conduit bientôt à faire la connaissance de quelques-uns parmi les plus beaux esprits de son temps. Ainsi croise-t-il la route de troubadours célèbres, tels que Bertrand de Ventadour, Jaufré Rudel ou Gaucelm Faydit, à qui il donne la réplique, en vers ciselés, au cours de joutes verbales éblouissantes. A bientôt quatre-vingt-dix ans, la plume de Michel Peyramaure n’a jamais paru aussi alerte. Son évocation de la renaissance intellectuelle et artistique du XIIe siècle, à travers la figure lumineuse d’un troubadour imaginaire, sera l’occasion pour certains de découvrir, pour d’autres de revisiter cette part souvent méconnue, mais d’une valeur inestimable, de notre patrimoine national.
Le navire obscur - Fatah, Sherko
Métailié
Né dans le Kurdistan irakien, Kerim ne connaît que la guerre, le pouvoir répressif des puissants, la violence : son père est tué sous ses yeux. Kerim, encore adolescent, le remplace au sein de la famille et de la petite entreprise familiale, une auberge, il prend sa place aux fourneaux. Jusqu’au jour où, allant rendre visite à ses grands-parents dont la famille est sans nouvelles, il est capturé par ceux qui se nomment « les combattants de Dieu » : enrôlé de force dans leurs rangs, il les suit dans leurs exactions jusqu’à ce qu’il arrive, au prix d’un crime, à se libérer de leur violence et à leur échapper. De retour dans sa famille, Kerim n’a qu’une idée : quitter l’Irak le plus vite possible et gagner clandestinement l’Europe, et plus précisément l’Allemagne. Kerim survit à une traversée clandestine épouvantable et débarque chez l’un de ses oncles à Berlin où il souhaite commencer une vie nouvelle. Là, ce sont d’autres problèmes qui commencent : son passé le rattrape, il lui colle à la peau, l’intégration dans le quotidien européen ne ressemble pas à ce qu’il avait imaginé, même s’il trouve sur sa route amour et bienveillance. L’échec est programmé.
Salva Tierra - Mairal, Pedro
Rivages
Après un accident de cheval à l’âge de neuf ans, Salvatierra a perdu l’usage de la parole.C’est donc dans le silence qu’il commence à peindre, en secret, sous forme de longs rouleaux, une toile de quatre kilomètres de long qui représente un fleuve et les détails de la vie quotidienne d’un village côtier en Argentine. Après sa mort, ses enfants installés à Buenos-Aires reviennent s’occuper de l’héritage : un gigantesque paquet contenant les rouleaux peints. Intrigué par le travail monumental de son père, Miguel commence à trier ses papiers. Il découvre alors des secrets de familles liés au passé et qui étendent leurs ombres sur le présent.Alors qu’il tente, avec obstination, d’exposer cette extraordinaire peinture (soixante-quatre rouleaux cousus ensemble), il est déconcerté et ému par la luxuriance, la couleur, la beauté de la toile en opposition à la morosité de la vie terne qui est la sienne, ses ratages, sa solitude. Au fur et à mesure qu’il dévoile le passé, la figure de son père grandit et devient de plus en plus complexe.
Moonlight Mile - Lehane, Dennis
Rivages
Dennis Lehane ne cessait de répéter que ses deux enquêteurs fétiches, Patrick Kenzie et Angela Gennaro étaient morts et enterrés pour la fiction. Et puis il a rouvert la porte et laissé revenir ses personnages pour un ultime tour de piste. De héros, ils sont devenus des Américains moyens. Ils se sont mariés, ont une petite fille de quatre ans, Gabriella, et les problèmes quotidiens de tous les couples, entre autres des fins de mois difficiles. Patrick est l’employé précaire d’une grosse société de surveillance qui ne l’embauche pas définitivement car il n’est pas assez « lisse » pour son patron. Il est toujours consumé par la colère face aux injustices. C’est peut-être cela, ainsi qu’un sentiment de compassion, qui le pousse à accéder à la demande de Beatrice, la tante d’Amanda McCready. La famille McCready, Patrick aurait bien voulu l’oublier à jamais. Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda et avaient découvert que le kidnappeur n’était autre que son oncle qui voulait soustraire l’enfant à l’influence catastrophique de sa mère. Or, selon Beatrice, Amanda a de nouveau disparu.C’est comme si le cours du temps s’était inversé pour Patrick et Angie. Les voilà de nouveau à la recherche d’Amanda. Elle a aujourd’hui 16 ans, elle fait de brillantes études, n’a apparemment pas d’amis aux dires de ses professeurs, sauf une certaine Sophie, adolescente elle-même très perturbée.Malgré ses mauvais pressentiments, Patrick ne se doute pas que son enquête l’amènera à croiser autant de gens en détresse, autant de sociopathes, sans parler de mafieux russes lancés sur la piste d’une croix à la valeur inestimable…Avec cette « suite » de Gone, Baby Gone, on pourrait penser que Lehane fait à ses lecteurs le coup de la nostalgie. Il n’en est rien. Moonlight Mile est un roman profondément contemporain dont il émane une véritable inquiétude. Si l’intrigue a des côtés presque réjouissants par la succession d’aventures et de rebondissements, le fond du livre est grave : c’est bien une Amérique en crise que nous dépeint Lehane. Il est question d’injustice, de cynisme, d’emplois perdus, de la difficulté d’élever des enfants sur fond de crise sociale et morale, et l’auteur de Mystic River et de Shutter Island n’a rien perdu de son art de la métaphore puissante, des dialogues ironiques et incisifs, des scènes captées sur le vif, en un mot, de sa capacité à faire palpiter la vie à chaque page.
Crimes de Seine - Thiéry, Danièle
Rivages
Edwige Marion, commissaire à la brigade des Chemins de fer de la Police nationale, est abattue d’une balle dans la tête près des voies ferrées de la Gare du Nord, au cours de ce qui ressemble fort à une embuscade. Sur les lieux, on retrouve également le cadavre de « B-M », un petit dealer qui lui servait d’indic. S’agit-il d’un règlement de compte entre les représentants de deux mondes opposés qui, par la force des choses, étaient amenés à fricoter ensemble ? Ou d’une simple altercation qui aurait mal tourné ? Devant l’apparition d’indices déroutants, Valentine Cara et Luc Abadie, deux fidèles collaborateurs de la commissaire, nourrissent vite des doutes. Comment un flic aussi chevronné a-t-il pu tomber dans un piège aussi grossier ? Pourquoi n’avait-elle prévenu personne ? Et surtout, comment expliquer l’étrange comportement du commissaire Guerry, son nouveau lieutenant ?Alors que Paris, noyé depuis des semaines sous une pluie battante, se prépare à faire face à la « crue du siècle », le corps de Marion disparaît des urgences. Dans la pagaille d’une grande capitale totalement désorganisée par une catastrophe naturelle aussi prévisible qu’ingérable, Cara et Abadie s’efforcent de retrouver Marion afin qu’elle puisse recevoir les soins dont elle a besoin. Mais la crue de la Seine leur réserve quelques autres surprises…Première femme commissaire divisionnaire de l’histoire de la police française, Danielle Thiéry a également été responsable de la sécurité dans de grandes entreprises. Son effrayante anticipation de la « crue du siècle » de la Seine, avec toutes ses conséquences inévitables, est malheureusement très bien documentée.
Papa - Alexakis, Vassilis
Stock
Que faire lorsqu’un petit garçon inconnu vient vous demander de rentrer à la maison en vous appelant papa ? Est-il possible de continuer à être jaloux d’une femme aimée, et qui est morte ? Comment perdre son emploi à cause d’un coup franc marqué par Michel Platini ? Les situations imaginées dans ces nouvelles peuvent paraître loufoques ou étranges, à la limite du rêve éveillé. Elles parlent pourtant des sentiments les plus banals et les plus fondamentaux de la vie : le désir, la peur de l’âge, l’aspiration à l’impossible, la solitude. Vassilis Alexakis les évoque dans une langue admirable de concision, qui se prête à l’humour discret comme aux plus bouleversants aveux.
L'Armée furieuse - Vargas, Fred
Viviane Hamy
"Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l'Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi. C'est une association ? L'Armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ? Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait. Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle. Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l'Armée furieuse, vous connaissez cette bande ? Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc. Votre fille l'a vraiment vue ? Avec le disparu ? Où cela ? Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là. Veyrenc retint discrètement le commissaire. Jean-Baptiste, vraiment, tu n'as jamais entendu parler de ça ? Adamsberg secoua la tête. Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il. Pourquoi ? Parce que, pour ce que j'en sais, c'est l'annonce d'une secousse. Peut-être d'une sacrée secousse. Nul doute que la fratrie ""maudite"" du village normand rejoindra la galaxie des personnages mémorables de Fred Vargas. Quant à Momo-mèche-courte, il est le fil conducteur de la double enquête que mène ici le commissaire Adamsberg, confronté à l'immémorial Seigneur Hellequin, chef de L'Armée furieuse."
Pain et tempête - Benni, Stefano
Actes sud
"Sous l'impulsion d'un maire réformateur qui veut ""changer le changement"", le village de Montelfo est promis aux pelleteuses pour un ""désenclavage"" pour le moins agressif. Les habitués du Bar Sport tiennent conseil pour résister au mieux à cet opportunisme capitaliste. Dans la lignée de ""Bar 2000"" et du ""Bar sous la mer"", Benni nous fait entrer dans une joyeuse sarabande où l'humour et l'imagination narguent un pouvoir cynique et médiocre."
Caucase Circus - Latynina, Julia
Actes sud
"Vladislav Pankov, un jeune Moscovite de bonne famille, frais émoulu de Harvard, est la proie d'un chef de bande tchétchène qui l'enlève, le met aux fers et l'oblige à jeter aux chiens les cadavres de ses compagnons russes de captivité. Il doit son salut à Niyazbek, un chef rival venu libérer deux de ses codétenus au nom de liens familiaux sacrés dans le Caucase. Neuf ans et une carrière au sein de l'élite russe plus tard, Pankov est nommé ambassadeur du Kremlin dans une république coincée entre la Tchétchénie et la mer Caspienne et subordonnée à l'autorité fédérale de Moscou. Ibrahim, un enfant du pays qui connaît parfaitement la région et se trouve être le frère de Niyazbek, l'accompagne. Mais, à peine débarqués, ils sautent sur une bombe, et Ibrahim meurt. Pankov devra se débrouiller seul avec un pouvoir local qui cultive le népotisme grâce à l'argent de Moscou, des bandits en cheville avec les services secrets russes, des terroristes tchétchènes fanatiques qui ne jurent que par la charia et le Kremlin qui se rétrocommissionne sur les milliards qu'il alloue au Caucase. Sans compter l'étrange Niyazbek qui n'écoute que sa conscience et ne veut d'arrangement avec personne. Avec Caucase Cirais, premier volume hallucinant d'une ""Trilogie du Caucase"" appelée à devenir culte, Julia Latynina signe un thriller noir comme le pétrole."
Je vous apprendrai - Frobenius, Nikolaj
Actes sud
Nicolaj Frobenius restitue l'univers fantastique d'Edgar Allan Poe à travers le prisme de sa relation avec le critique littéraire Rufus W. Griswold. Fasciné et peut-être même secrètement amoureux de Poe, le critique influent mènera le double jeu pervers de l'amitié et de la démolition systématique tout au long de sa vie. Parallèlement, Samuel Reynolds, esclave en cavale et ami d'enfance de Poe, se croit investi d'une mission terrifiante. Le célèbre mythe selon lequel Edgar Allan Poe serait mort avec le nom de Reynolds sur les lèvres trouve ici une effroyable origine... Dénouant les liens ambigus qui unissent ces trois destins, l'auteur du Valet de Sade signe son grand retour avec une intrigue passionnante, entre biographie romanesque et thriller psychologique.
L'empire d'un homme - Sender, Ramon
Attila
"Une partie de chasse dans la montagne permet de retrouver Sabino, un homme qui a mystérieusement disparu du village il y a 15 ans, et à l'assassinat duquel tout le monde a cru. Sur fond de tensions sociales et d'exploitation politique du moindre fait divers, deux paysans pauvres ont même, à l'époque, été condamnés pour ce meurtre (supposé). La résurrection du "" fantôme "" jette tout le village, de la femme du mort aux familles des condamnés, dans un trouble sans nom, tandis que le nouveau héros, jadis le villageois "" le plus pauvre et le plus insignifiant "", acquiert un étrange prestige. L'Empire d'un homme est inspiré d'un fait divers réel, que Ramôn Sender avait couvert, en tant que journaliste, pour le quotidien El Sol."
Les excentriques - Champfleury
Chat rouge
"Voici une galerie de portraits dont vous vous souviendrez. Ces individus ne sont pas le fruit d’une imagination détraquée : ils ont tous existé. Notre XIXe siècle regorge de ces personnages typiquement allumés pour ne pas dire plus. Étions-nous plus libres en ce temps-là ? Bug-Jargal, croque-morts dévolu au transport des petits, Carneval et ses costumes coruscants, l’Homme aux figures de cire, ou encore l’incroyable Berbiguier et ses farfadets, et bien d’autres drilles, dessinent tour à tour une humanité en voie de disparition aujourd’hui : les Excentriques. Ils ont tous un grain, une utopie à défendre, une obsession, une lubie. Ils divertissent, ils étonnent. on rit d’eux, parfois avec eux. Mais Champfleury distille, tout au long de son livre, des réflexions, des rêveries, sur leur profonde humanité. Car derrière le fou rire se niche le tragique, l’absurde, voire la vanité de nos vies. On rit toujours à deux doigts de pleurer, n’est-ce pas ? Ne sont-ils pas, alors, une part non explorée de nous-mêmes ? Certains d’entre eux nous ressemblent plus que d’autres. A vous, cher lecteur, chère lectrice, de trouver votre âme jumelle parmi ces joyeux hurluberlus."
Le geste du semeur - Cavatore, Mario
Chemin de ronde
"Lubo Reinhardt est Tsigane et accomplit son service militaire en Suisse, pays dont il est citoyen à part entière : il y est allé à l'école, y a un métier, y paie ses impôts. Un soir, son frère vient lui apprendre que sa femme a été tuée en tentant de défendre ses deux très jeunes enfants contre la police, venue les prendre sans donner la moindre explication pour les emmener vers une destination inconnue. "" Pourquoi, mais pourquoi ? "" demande Lubo, et la réponse de son frère le terrifie. Devant l'horreur que lui inspire son récit, devant l'impossibilité radicale où il se trouve de réagir comme il le devrait, il imagine une forme de résistance inouïe, décide de faire pièce à l'ignominie par un incroyable plan d'action. L'histoire de ce plan, de ses lointaines et douloureuses conséquences, nous est racontée par Mario Cavatore avec une maîtrise avérée du portrait et du dialogue et, dans une logique de thriller, une précision et un sens du suspense implacables. Erri De Luca a immédiatement salué la force narrative et l'humanité de Mario Cavatore, dont il a rapproché le style de celui de Leonardo Sciascia. "" Une ou deux fois par an, je tombe sur un livre à recommander à un ami. Aujourd'hui, c'est sur Il seminatore "", a-t-il écrit à propos de ce roman impressionnant, gagé sur une sinistre réalité historique."
Voyage en Pologne - Döblin, Alfred
Flammarion
"""Des champs plats passent furtivement, de petites forêts. Au bord d'un cours d'eau, sous un pont de bois, une paysanne va pieds nus, foulard blanc sur la tête. Qu'est-ce que cela ? Troupeaux de boeufs. De nouveau des terres cultivées. Beaucoup d'oies blanches. C'est la Pologne. "" Un matin de septembre 1924, par la fenêtre du train qui l'emmène de Berlin à Varsovie, Alfred Döblin pose pour la première fois le regard sur la campagne polonaise. Il parcourra le pays pendant deux mois, mû par le désir de comprendre cet Etat voisin, tout juste sorti des cendres de la Première Guerre mondiale et qu'il connaît mal. Posant sur toutes choses un regard curieux, notant au fil de ses promenades les impressions qui feront la matière de ce livre, il interroge sans relâche ses interlocuteurs : ""Quelles forces, quelles puissances organisent l'Etat ? Qui gouverne, officiellement ou non ? Qui a faim, et qui est rassasié ?"" Alerté par la montée de l'antisémitisme à Berlin depuis le début des années 1920, Döblin accorde une attention toute particulière à la population juive. Le mode de vie de ce peuple ayant sa propre langue, sa propre religion et sa propre culture bouleverse le voyageur, lui-même d'origine juive. Ce monde décrit par Döblin a cessé d'exister: la guerre et la barbarie nazie ont anéanti la culture juive polonaise et bouleversé à jamais la physionomie du pays. Le témoignage de l'écrivain, façonné par le style puissant qui fait de lui l'un des plus grands auteurs allemands du XXe siècle, retrace les contours d'un monde disparu."
Le poids du papillon - De Luca, Erri
Gallimard
Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. Il est d’une taille et d’une puissance exceptionnelles, mais il pressent que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie étant désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier, revenu vivre en haute montagne ses espoirs en la Révolution déçus, sait lui aussi que le temps joue contre lui. A soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé, malgré son extrême agilité d’alpiniste : ce chamois à l’allure majestueuse…Le poids du papillon, récit insolite d’un duel entre l’homme et l’animal, nous offre une épure poétique d’une très grande beauté. Erri De Luca condense ici sa vision de l’homme et de la nature, nous parle de la montagne, de la solitude et du désir pour affirmer plus que jamais son talent de conteur, hors du temps et indifférent à toutes les modes littéraires.
Lonesome dove I - McMurtry, Larry
Gallmeister
À Lonesome Dove, Texas, les héros sont fatigués. Augustus McCrae et Woodrow Cali ont remisé leurs armes après de longues années passées à combattre les Comanches. En cette année 1880, pourtant, l'aventure va les rattraper lorsqu'ils décident de voler du bétail au Mexique et de le convoyer jusque dans le Montana pour y établir un ranch. Commence alors un périple inédit de plusieurs milliers de kilomètres à travers l'Ouest, au cours duquel le convoi affrontera de violentes tempêtes, des bandes de tueurs et d'Indiens rebelles... et laissera de nombreux hommes derrière lui. Récompensé par un prix Pulitzer, Lonesome Dove est une fresque épique qui explore les mythes fondateurs de l'Amérique et nous fait vivre la quête désespérée de deux hommes qui, sans le savoir, tournent les pages du dernier western.
Lonesome dove II - McMurtry, Larry
Gallmeister
La première partie de Lonesome Dove nous a entraînés à la suite d'Augustus McCrae et de Woodrow Call, ex-Texas rangers de légende, sur la route dangereuse du Montana, là où, dit-on, les terres sont encore à qui les prend. De nombreuses épreuves attendent encore le convoi lors de cet extraordinaire périple à travers l'Ouest. Les hommes devront tour à tour affronter les éléments déchaînés, des pillards et leurs propres démons. Quand, au bout d'une piste longue et périlleuse, l'équipe arrivera enfin dans le Montana, beaucoup manqueront à l'appel. Récompensé par un prix Pulitzer, Lonesome Dove est une saga immense qui parcourt l'Ouest américain. Au crépuscule d'un monde mythique, Larry McMurtry nous fait vivre l'ultime aventure de deux survivants qui tentent de prolonger la légende.
Manuscrits de guerre - Gracq, Julien
J. Corti
Ce livre est constitué de deux textes qui s’éclairent mutuellement. Les deux manuscrits figuraient sur deux cahiers différents, parmi le fonds important de textes dont, pour certains, Julien Gracq n’avait pas souhaité qu’ils soient publiés avant longtemps. Le premier texte est un Journal, qui commence le 10 mai et se termine le 2 juin 1940, écrit à la première personne. C’est un moment crucial de la guerre puisque, après la fameuse « drôle de guerre » et l’inaction qui a commencé à éprouver le moral des Français, l’offensive éclate, brutale. Le lieutenant Poirier (Julien Gracq) a été affecté sur le front et, avec ses hommes, se retrouvent d’abord le long de la frontière belge puis, soumis à des mouvements et des ordres contradictoires et souvent incohérents. Ce qui fascine dans ce Journal, tenu à chaud, c’est son aspect inéluctable et prémonitoire. Comment, en un temps aussi court, la défaite militaire a-t-elle été aussi rapide et totale. Comment se sont comportés les soldats français, belges, anglais sur ce mouchoir de poche. Comment est-on passé aussi rapidement à une véritable débâcle, les alliés étant encerclés dans la région de Dunkerque (Les Pays-Bas ayant capitulé le 15 mai, les Belges le 28. Seule une partie du corps expéditionnaire britannique et une petite partie des troupes françaises échapperont à l’étau allemand). Ce qui étonne enfin, outre cette description palpable d’une défaite annoncée, c’est l’acuité de la perception, tant des choses de la guerre que des rumeurs qui l’entourent, tant des comportements humains que du cadre où elle se déroule. Le second texte est un récit qui part de la réalité de ces souvenirs pour en faire une fiction, passionnante dans la mesure où l’on voit concrètement comment Julien Gracq passe de la réalité à la fiction (le récit commence le 23 mai) et pourquoi une distance beaucoup plus grande était nécessaire dans le temps, comme dans les circonstances, pour aboutir à la vision plus ample du Balcon en forêt, et non plus comme ici une interrogation sur le basculement des événements et le destin, sensibles dans les trois dernières phrases : « Pour devenir un reître, il lui semblait soudain qu’il ne fallait peut-être pas tant de choses. Non, vraiment pas tant de choses. Seulement trois ou quatre instantanés bien choisis ».
Malarrosa - Rivera Letelier, Hernan
Métailier
"Elle devait s’appeler Malvarrosa mais, à cause d’une erreur de l’officier de l’état civil ou parce que son écervelé de père était tellement bourré en allant la déclarer, elle finit par s’appeler Malarrosa. Cette petite fille marquée par le destin dès sa naissance est la touchante héroïne de ce nouveau roman d’Hernán Rivera-Letelier. On y côtoie des personnages hauts en couleur, campés avec une truculence toujours teintée de tendresse : Saladino Robles, père irresponsable et joueur éternellement poursuivi par la guigne, Oliverio Trébol dit Tristesburnes, le gros bras au coeur tendre, le responsable de la police, Rosendo Palma, plus communément appelé Verge de Taureau, ou Amable Marcelino, alias Six Doigts, doté d’une chance insolente au poker grâce à son appendice supplémentaire, sans oublier la señorita Isolina del Carmen Orozco Valverde, l’institutrice d’âge canonique qui ne désespère pas de ramener tout ce beau monde dans le droit chemin. Malarrosa accompagne son père dans les bouges où se déroulent ses parties de cartes et parcourt avec lui les hameaux environnants au gré des rencontres pugilistiques entre Oliverio Trébol et les ""champions"" locaux. Au fil des mois, ses vêtements masculins ne peuvent plus dissimuler ses rondeurs naissantes et, au cours d’une nuit de folie, sa virginité sera mise aux enchères. Alors, avec une lucidité et une détermination extraordinaires, ce sera elle qui, pour la première fois, décidera de son destin."
La grande maison - Krauss, nicole
Olivier
À New York, un poète, Daniel Varsky, confie à une jeune romancière, Nadia, un bureau très particulier : ce meuble imposant (il possède 19 tiroirs) et entouré d’une véritable légende (il aurait appartenu à Federico Garcia Lorca) semble posséder une âme. Plus de vingt ans après, la fille de Daniel vient réclamer son héritage. À Londres, Arthur Bender doit affronter la mort de sa femme. Dans ses papiers, il découvre que celle qu’il croyait si bien connaître lui a caché toute une partie de sa vie. À Oxford, Isabelle, une américaine venue étudier en Angleterre, tombe amoureuse du fils d’un étrange antiquaire qui oeuvre pour la restitution des biens juifs confisqués par les Nazis. À Jérusalem, un père s’adresse à son fils, Dov, qu’il a tenté d’empêcher par tous les moyens de devenir écrivain, par peur des liens éternels entre souffrance et écriture. Trois villes, quatre histoires, un bureau : construit autour du secret et de la mémoire, ce roman à tiroirs célèbre le pouvoir du Livre et la puissance de la littérature.
Moi - Berman, Sabina
Seuil
"Karen Nieto est une petite fille aux ""capacités différentes"". Les meilleurs spécialistes la considèrent une autiste irrécupérable mais partiellement dotée de génie : sa mémoire et son appréhension de l'espace sont exceptionnelles. Karen est l'héritière d'une importante flotte de bateaux thoniers et de la plus grande conserverie du Mexique. Au contact des pêcheurs elle découvre la plongée sous marine avec délices et les massacres de thon avec horreur, et s'insurge contre l'idée cartésienne que l'on pense avant d'exister. Elle sait bien, elle, qu'elle existe d'abord et que parfois, avec peine, elle pense, et que les choses non pensantes ne sont pas inférieures aux humains. Quand elle est triste ou angoissée, elle revêt sa combinaison de plongée bleue et s'endort dans un harnais qu'elle suspend au plafond de sa chambre. Aux côtés des marins, elle s'investit corps et âme dans l'industrie de la pêche, sauve l'entreprise familiale de la ruine causée par l'embargo américain et les récriminations des écologistes et attire un investisseur qui lui ouvre les portes du marché international, jusqu'au jour où une cellule- écologiste terroriste la menace de mort. Ce roman fascinant traite avec une très grande originalité le thème de l'autre. Karen est à la fois dure et étrange, drôle et géniale, son autisme partiel lui permet de ne se fier qu'à son instinct, comme les thons bleus qui sillonnent les océans. On est émerveillé par la beauté et la puissance évocatrice des images (Karen dans son harnais, les bateaux blanc sur une mer rouge de sang..). Hymne à la tolérance, magnifique fable écologique, MOI appartient à cette sorte de romans qui laissent le lecteur émerveillé sans voix après la dernière page. Un bijou insolite."
Souvenez-vous de moi - Amisi, Serge
Vents d'ailleurs
En attendant de devenir célèbre, Eric Cash gère un restaurant dans le Lower East Side, un quartier de New York à double visage avec ses lieux branchés pour bobos et ses vieux immeubles où cohabitent dealers et immigrés. Deux mondes qui entrent en collision quand Eric et un de ses barmans se font braquer un soir de bringue...
Un secret de rue - Vafi, Fariba
Zulma
""" Abou se meurt. Pas comme un vieil homme. Comme un crocodile. "" A son chevet, sa fille Homeyra se souvient d'une enfance qui déborde joyeusement, dramatiquement, du foyer à tout le voisinage. Dans ce quartier pauvre, les jeux des enfants, les froissements des tchadors et les exhortations des pères se mêlent en brouilles, conflits de générations et connivences ténues. Cette chronique des moeurs et coutumes iraniennes, dominée par l'arbitraire patriarcal, se déploie au gré de la folle amitié de deux gamines. Azar la petite sauvageonne qui refuse en riant l'éprouvante discipline des adultes. Homeyra qui ne rêve que de fuir le grand deuil de l'amour des mères. Un secret de rue, c'est toute une mémoire bruissante, pleine d'échos et de couleurs, qui voudrait oublier les blessures du passé en rendant son beau rêve de liberté à l'enfance qui demeure en chacun."
La nuit de Lampedusa - Picouly, Daniel
Albin Michel
En juin 1799 à Paris, Jeanne, 18 ans, assiste à l'enterrement du Chevalier de Saint-George dont elle vient de se découvrir enceinte. Un appel au secours du Général Dumas, emprisonné en Sicile, aurait du parvenir au chevalier, apporté par un cavalier qui n'a pu s'acquitter de sa mission. Jeanne et les deux frères d'armes du Chevalier, acquitteront cette dette d'honneur au prix d'aventures rocambolesques et en dépit du maléfique Mac, invraisemblable Ubu noir. Au même moment, Bonaparte pénètre au Caire à la tête d'une armée défaite. Malgré sa folle passion pour Pauline Fourès, il ne rêve que de rentrer à Paris renverser le Directoire. Pour cela, il lui faudrait une victoire, mais ce sera Aboukir... Dans la nuit du 21 au 22 septembre, au large de l'île de Lampedusa, Bonaparte et Jeanne se croiseront. Et le jeune général en deviendra obsédé au point de mettre en péril son coup d'Etat du 18 brumaire.
Havre des morts - Cornwell, Patricia
Deux terres
A Dover, sur l'unique base aérienne militaire US qui reçoit les soldats morts au ! combat, Kay Scarpetta se forme aux techniques révolutionnaires de l'autopsie virtuelle. Elle est très vite mise à l'épreuve : un jeune homme a été trouvé mort près de chez elle, à Cambridge. Crise cardiaque, selon les premières constatations. Mais comment expliquer qu'il ait saigné après son arrivée à la morgue, sinon parce qu'il était encore vivant ? Une radiographie en 3D révèle des blessures que Scarpetta n'a jamais vues. Elle se trouve dès lors confrontée à un passé qu'elle croyait enfoui et à un dilemme plus que complexe. Déterminée à conclure avant qu'il ne soit trop tard, Dr Scarpetta utilise les techniques de pointe apprises au Havre des morts pour confirmer ses suspicions.
Le musée de l'innocence - Pamuk, Orhan
Gallimard
Nous sommes en 1975. Kemal, un jeune homme d’une trentaine d’années s’apprête à épouser Sibel, issue comme lui de la bonne bourgeoisie stanbouliote, quand il rencontre Füsun, une parente éloignée, vendeuse dans une boutique de luxe. Il tombe amoureux de la jeune fille. Sous prétexte de lui donner des cours de mathématiques, Kemal retrouve Füsun tous les jours dans l’appartement vide de sa mère, tout en poursuivant sa liaison avec Sibel. Après les fiançailles célébrées en grande pompe entre Sibel et Kemal, Füsun disparaît. Kemal rend alors visite à sa famille et emporte une simple réglette ayant appartenu à Füsun : ce sera la première pièce du musée qu’il consacrera à son amour disparu. Puis, il avoue tout à Sibel et rompt les fiançailles. Quelque temps après, Kemal retrouve la trace de Füsun, mariée à son ami d’enfance Feridun et rêvant de faire du cinéma. Kemal ira jusqu’à fonder une société de production pour aider le jeune couple. Sous ce prétexte, il dîne très régulièrement chez eux, emportant à chaque fois un objet touché par Füsun pour le placer dans son musée. Quelques années passent, et Füsun décide de divorcer afin d’épouser Kemal. Mais un accident de la route aura raison de leur projet de mariage : Füsun se tue au volant de sa Chevrolet de rêve. Kemal rachète alors son appartement et demande à l’écrivain Orhan Pamuk décrire leur histoire d’amour… Le musée de l’innocence est un grand roman nostalgique sur le désir et l’absence, une nouvelle preuve de l’immense talent de l’écrivain turc.
L'été 76 - Duteurtre, Benoît
Gallimard
""" Il y avait pour moi quelque chose d'incompréhensible et de fascinant chez cette fille. seule au milieu de la cour de récréation : elle me ressemblait mais elle ne souriait guère elle avait les mêmes taches de rousseur mais les yeux plus ténébreux
Charly 9 - Teulé, Jean
Julliard
"Il est vrai que Charles IX ne fut pas un roi comme les autres et qu'il n'aurait pas laissé un grand souvenir s'il n'avait ordonné, en août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy, carnage qui horrifia l'Europe, à l'exception du pape et des Espagnols qui y virent, eux, la bienheureuse volonté de Dieu. Cette décision n'était pas la sienne mais celle de sa mère, la redoutable Catherine de Médicis qui utilisa toute sa vie sa nombreuse progéniture pour assouvir son appétit dévorant de pouvoir : dès qu'un de ses fils mourait, elle poussait illico le suivant sur le trône de France. Charles IX avait 24 ans à l'époque, et il ne possédait ni la cruauté ni la détermination, ni la force morale d'assumer un crime aussi horrible. Accablé par le poids de sa faute, il sombra dans une folie qui le conduisit en quelques mois à la maladie et à la mort. C'est cette terrifiante descente aux enfers que Jean Teulé raconte dans ce roman baroque et magnifique. Avec la verve qu'on lui connaît, il décrit les extravagances de ce malheureux jeune homme : la manière dont il coursait furieusement des lièvres qu'il délivrait dans les appartements de sa maîtresse comment il massacrait le bétail, la basse-cour et tous les animaux des fermes où le hasard de ses errances le conduisaient, comment il empoisonna une partie de la population en lui offrant du muguet le 1er mai, ce qui, en ces temps de famine, poussait ses sujets à manger cette fleur vénéneuse qu'il croyait être une sorte de salade
Les madones d'Echo Park - Skyhorse, Brando
Olivier
"A Los Angeles, trois générations d'immigrés mexicains s'entremêlent. Dans ce roman construit à la manière des films d'Alejandro González Inárritu (Babel, 21 grammes), Brando Skyhorse s'intéresse aux invisibles. Femmes de ménage, membres de gangs ou adolescentes latino fascinées par le rêve américain, tous sont tiraillés entre deux cultures et portent les stigmates d'un pays qui refuse de les intégrer. La religion des anciens a été remplacée par d'autres idoles : Madonna ou Gwen Stefani sont les nouvelles icônes d'une communauté en quête de repères. Loin des fantasmes hollywoodiens sur la "" cité des anges "", Brando Skyhorse retrace le destin d'une famille, les Esperanza, et l'histoire d'un quartier, Echo Park. Unité de lieu tragique, ces rues couvertes de graffitis ont l'énergie vitale des personnages qui les traversent. Ce premier roman émouvant est un mélange de violence et de poésie, dans la lignée de Los Boys de Junot Diaz."
Le Caveau de famille - Mazetti, Katarina
Gaïa
Après l’immense succès du Mec de la tombe d’à côté, nous sommes des centaines de milliers de lecteurs à nous demander ce qu’il advient de Désirée, la bibliothécaire, et de Benny, le paysan. Elle dévore avec autant d’ardeur les livres et les produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Pourtant, ils se sont promis trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pour toujours. Et si ça marche… Comme le disait un critique littéraire suédois : « Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre. » C’est gai. Bienvenue dans le caveau de famille ! Pétillant et jubilatoire.
La secrète mélancolie des marrionnettes - Grozdanovitch, Denis
Olivier
""" ...Nous étions en train de nous échauffer, une fois de plus, sur les mérites comparés de nos auteurs de prédilection, sur nos rejets et nos engouements passagers, lorsqu'elle m'avait demandé à brûle-pourpoint si j'avais toujours l'intention, comme elle avait cru le comprendre, de me lancer dans une entreprise romanesque. - Dans la vie réelle ou sur le plan littéraire? lui avais-je demandé à mon tour en toute mauvaise foi afin de me donner le temps de réfléchir."" Répondant à une invitation, le narrateur se rend dans une résidence d'écrivains située près de Florence. Une aristocrate italienne règne sur cette communauté très cosmopolite, agitée par les manies de ses pensionnaires. Ce voyage, ce séjour ne sont que le prétexte d'une série de rencontres qui lui permettront - du moins l'espère-t-il - de combler l'inaccompli de son existence. Mais le sens véritable de sa quête ne lui apparaîtra qu'au terme de son périple, lorsque son chemin croise à nouveau celui d'une femme qu'il croyait à jamais perdue.














































